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🔮 Ouahab AĂŻt Manguellet : VoilĂ  pourquoi je dĂ©missionne du RCD. KDirect.info

C’est Ă  travers cet entretien exclusif, que le maire de Tizi-Ouzou va au fond des choses et dit les vraies raisons de sa dĂ©mission de son parti, le RCD. Comme il parle de son avenir politique. Ă  dĂ©couvrir


Vous venez d’annoncer votre dĂ©mission du RCD que vous avez rejoint dĂšs sa crĂ©ation. C’est une dĂ©cision que vous avez prise rĂ©cemment ou qui vous taraudait l’esprit depuis un certain temps. 

C’est une dĂ©cision mĂ»rement rĂ©flĂ©chie. Je ne me retrouve plus dans ce parti auquel j’ai adhĂ©rĂ© depuis 1989. Sans polĂ©mique et sans dĂ©tour, je dirai barakat, salut et au revoir. AprĂšs avoir passĂ© tant d’annĂ©es au sein de ce parti, je n’ai pas envie de le dĂ©nigrer, mais au jour d’aujourd’hui, je ne retrouve plus les idĂ©aux qu’il a tant dĂ©fendus auparavant. Les comportements et attitudes au sein de ce parti ne peuvent me laisser indiffĂ©rent. Ils Ă©taient pour beaucoup dans ma dĂ©cision de dĂ©mission. J’ai militĂ© plus de 28 ans au RCD, avec des moments trĂšs difficiles. J’ai Ă©tĂ© Ă©lu sous la houlette de cette formation, donc ce n’est pas de gaietĂ© de cƓur que je la quitte. J’ai Ă©tĂ© militant de ce parti parce qu’il Ă©tait Ă  l’avant-garde des luttes dĂ©mocratiques, de la laĂŻcitĂ©, de l’identitĂ©, mais ce n’est plus le cas, je le constate.

D’aucuns supputeront que votre dĂ©cision serait directement liĂ©e Ă  la liste des lĂ©gislatives que vous deviez au dĂ©part conduire ?

Ecoutez, je serai clair et net. Si on considĂšre que les lĂ©gislatives sont un examen et que les meilleurs sont admis dans une liste, on va applaudir et les accompagner avec plaisir. S’ils ont choisi les plus mĂ©ritants, nous serons derriĂšre eux et les soutiendrons. Mais ce n’est pas uniquement pour cela que j’ai dĂ©missionnĂ©.

Au risque de me rĂ©pĂ©ter, je ne me retrouve plus dans ce parti, parce que si je voulais le fauteuil de dĂ©putĂ© ou de sĂ©nateur, je l’aurais dĂ©jĂ  eu. Je ne suis pas un opportuniste, je ne frappe pas aux portes. Figurez-vous que le prĂ©sident actuel du RCD n’a jamais mis les pieds au siĂšge de ma commune. Une commune modĂšle et symbolique pour le RCD.
Pire, il n’a mĂȘme pas mon numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone. Il ne m’a jamais appelĂ©. Je n’attendais pas qu’il vienne voir Ouahab AĂŻt Menguellet, mais le prĂ©sident de l’APC de Tizi-Ouzou qui a un bilan des plus positifs et concrets. Nous avons rĂ©tabli un climat de confiance et de stabilitĂ© avec les citoyens.

Une confiance mutuelle. Nous travaillons avec les comitĂ©s de villages, les associations. Les portes de la mairie ne sont jamais fermĂ©es Ă  nos concitoyens. Et le parti devait valoriser tout cela, il devait le mettre en avant et en ĂȘtre content. Mais, encore une fois, ce n’est pas pour cela que j’ai dĂ©missionnĂ©. Ces choses-lĂ  sont insignifiantes pour moi.
En mon Ăąme et conscience, je me suis dit que chaque chose a une fin. J’ai Ă©tĂ© aux assises du RCD en 1989 Ă  la maison de la culture, j’ai Ă©tĂ© candidat aux lĂ©gislatives de 1990. Ensuite j’ai Ă©tĂ© Ă©lu prĂ©sident d’APC de Tizi-Ouzou. Durant tout ce temps, j’ai Ă©tĂ© un bon militant pour eux et maintenant je ne le suis plus ?

Donc, vous n’étiez pas d’accord avec la liste des candidats aux lĂ©gislatives prĂ©sentĂ©e par le parti ?

Non en effet, je n’étais pas d’accord avec cette liste, parce que je ne m’y retrouvais pas. Encore une fois, pas dans le sens oĂč mon nom n’y Ă©tait pas, mais parce que ceux qui y Ă©taient ne sont pas des gens dignes de me reprĂ©senter. Il n’est pas question d’assumer un tel choix.

Qu’a la composante de cette liste qui vous contrarie tant ?

Le fait de retrouver des gens comme ça, ça ouvre la voie Ă  toutes les hypothĂšses. Des rumeurs circulent sur l’argent sale et sur autre chose. SincĂšrement, je ne le sais pas, mais le fait d’avoir choisi des gens comme ça, ça me fait douter. Retrouver des gens comme ça et voir le parti courir derriĂšre les lĂ©gislatives comme un quelconque parti en quĂȘte d’un strapontin, alors que nous Ă©tions des avant-gardistes
 franchement, le parti sombre dans l’anonymat.

On dit que la liste confectionnée au bureau régional de Tizi-Ouzou a été complÚtement revue à Alger, vous le confirmez ?

Le problĂšme n’est pas lĂ . Elle a Ă©tĂ© confectionnĂ©e Ă  Tizi-Ouzou, Ă  Alger ou ailleurs, lĂ  n’est pas vraiment mon souci. Mon souci majeur Ă©tait la crĂ©dibilitĂ© des candidats de cette liste. J’aurais aimĂ© que le parti prĂ©sente des gens crĂ©dibles, sincĂšres qui ont cravachĂ© au sein du parti, mais malheureusement, ce n’est pas le cas. Et tout ça ne rime Ă  rien. Comme je l’avais dit, aprĂšs 28 ans de militantisme dans ce parti, je ne m’y retrouve plus. Donc, j’arrĂȘte.

Quelle analyse faites-vous des résultats de ces législatives, du moins localement ?

LĂ  rĂ©sident justement les consĂ©quences de ces mauvais choix. Les citoyens ne sont pas dupes, ils sont loin d’ĂȘtre aveugles. Certains considĂšrent que les gens sont bĂȘtes et ignorants, or, ils se trompent. Les citoyens sont les vrais tĂ©moins des Ă©vĂ©nements quotidiens : ils surveillent, ils Ă©coutent. Et Ă  la fin, ils prononcent leur verdict.

Vous vous ĂȘtes retirĂ© du RCD, mais pas de la politique. Comptez-vous vous reprĂ©senter aux prochaines locales ?

C’est trop tĂŽt pour le dire. A priori, je ne suis pas partant. Je mĂ©dite une expression kabyle qui dit «Laissons le destin faire
 ». En français, on dit «laisser le temps au temps». Par contre une chose est certaine : je ne me prĂ©senterai pas sous la houlette d’un parti politique. Ceci dit, j’ai accompli mon devoir en tant que premier responsable de la municipalitĂ©.
Je suis trĂšs heureux et satisfait. Cela fait cinq ans que je cravache, j’arrive le premier Ă  la mairie et je sors le dernier. Ça m’a usĂ©, on n’a plus vingt ans, mais la confiance du public n’a pas de prix et s’il y a un sacrifice Ă  refaire pour cette population, je n’hĂ©siterai pas.

Et si on abordait un peu votre bilan Ă  la tĂȘte de cette APC


Au dĂ©but, lors de la campagne des Ă©lections locales, les gens nous demandaient seulement deux choses : prendre en charge le problĂšme des ordures mĂ©nagĂšres et en finir avec la situation anarchique de l’état civil. Moi, j’ai rajoutĂ© une autre chose : c’est recevoir les citoyens au rez-dechaussĂ©e au lieu du 6e Ă©tage.

Au jour d’aujourd’hui, nous avons tenu nos engagements. L’état civil est rĂ©habilitĂ©, humanisĂ©, notre mairie est un modĂšle mĂȘme Ă  l’échelle nationale. Les dĂ©chets mĂ©nagers ne traĂźnent plus dans les rues. Et on reçoit les citoyens au rez-de-chaussĂ©e. Les gens ĂągĂ©s ou handicapĂ©s sont soulagĂ©s par cette mesure. Autre chose, on fait comme on peut dans une commune qui a Ă©tĂ© dĂ©valisĂ©e, dĂ©laissĂ©e. Une dĂ©chĂ©ance totale, aucun projet n’avait Ă©tĂ© fait, auparavant, ni dans la ville ni dans les villages. Alors, ce n’était pas Ă©vident d’assumer un tel hĂ©ritage. Mais nous avons essayĂ©.

Je citerai les 110 milliards de centimes pour l’entretien des 49 Ă©coles primaires de notre commune. Ce fut une prioritĂ© pour nous. Le marchĂ© de Tala Athmane constitue aussi une autre prioritĂ© pour nous. Une autre situation qu’on a jugĂ©e Ă©galement inadmissible : la zone qui s’y trouve doit reprendre sa vocation initiale, Ă  savoir la crĂ©ation de richesse et d’emplois. La solution la plus indiquĂ©e est de dĂ©placer le marchĂ© hebdomadaire vers BouaĂŻd.
On s’est rĂ©unis, il y a de cela 3 jours et j’en ai parlĂ© avec le wali qui est Ă  l’écoute de nos dolĂ©ances. Si on rĂ©alise ce marchĂ© de gros, qui sera situĂ© Ă  proximitĂ© de l’autoroute, sa rentabilitĂ© avoisinera les 40% des besoins de la commune. Et il y aura un marchĂ© pour les grossistes en agroalimentaire. Il y a aussi le projet de relier les deux zones de Tala Athmane et Oued Aissi par un pont. L’étude est dĂ©jĂ  faite. Sur le plan social, on attend la rĂ©alisation de 8 000 logements, mais il faut que les commoditĂ©s suivent. Avec ça, le problĂšme du logement ne se posera plus Ă  Tizi-Ouzou.

Qu’en est-il de la forĂȘt de Harouza ?

Pour la forĂȘt de Harouza, je tiens toujours Ă  ma dĂ©cision qui est celle de l’assemblĂ©e de la commune et qui est contre l’installation des commerces dans cette forĂȘt. Tant que je serai lĂ , pas question de laisser faire. Laissez ce poumon naturel tranquille !

Et pour les couffins du Ramadhan et l’animation durant ce mois, y aura-t-il du nouveau ?

On distribuera les coffins comme d’habitude, mĂȘme si j’aurais prĂ©fĂ©rĂ© donner un chĂšque de 5 000 DA Ă  la place des produits alimentaires. Ça fait 3 ans que je l’ai proposĂ© Ă  la ministre de la SolidaritĂ©, mais malheureusement, il n’y a pas eu de suite. Pour l’animation des soirĂ©es, on continuera comme Ă  l’accoutumĂ©e. On fera de notre mieux pour faire passer le plus agrĂ©able des Ramadhans Ă  nos concitoyens.

Hocine Moula.

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CatĂ©gories :ActualitĂ©, Kabylie, Politique

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