Chroniques

Feux de forêts en Kabylie, entre la nature et la pyromanie. KDirect.info 

CHRONIQUE  (KDirect) — Nous reproduisons ci-après une contribution d’un pompier Kabyle sur les feux de forêts en Kabylie, qui met l’accent sur la responsabilité des militaires d’un côté, de l’incivisme et l’inconscience des citoyens d’un autre côté.

FEUX DE FORET EN KABYLIE ENTE LA NATURE ET LA PYROMANIE

Depuis la nuit des temps les forets brûlent et ceci est un phénomène naturel dans la limite d’un écosystème bien adapté, les essences forestières du bassin méditerranéen se sont acclimaté et ont adopté un système de régénération ou de protection chacune selon sa formation génétique ; le chêne liège se protège par le tan de son écorce , l’olivier se régénère en oléastre , l’eucalyptus repousse, le sapin fait éclater son fruit pour libérer des graines qui repousserons plus tard sur les cendres des plantes calcinés en milliers d’arbustes…etc.

A titre d’exemple : pendent l’opération jumelle entre 1957 et 1959 l’armée française avait essayée de brûler les forets et les oliveraies de Kabylie en vain, mais la déforestation intensif, et les feux répétitifs engendrent à la longue l’affaiblissement de la défense de l’arbre et fini par ne plus se régénérer.

Faudrait savoir qu’en été, période propice des feux, les indices d’inflammabilité sont différents selon les facteurs suivants : L’humidité, la température et les vents, les journées orageuses et pluvieuses (journées rares en été) l’indice d’inflammabilité est nul, lorsque la température se situe entre 20 et 27°, vent modéré, humidité moyenne ; l’indice d’inflammabilité est faible , mais en journées caniculaires, avec une température qui dépasse les 40° et un vent du sud (sirocco) par exemple , l’indice d’inflammabilité devient extrêmement élevé et c’est en ces journées que le bassin méditerranéen à l’instar de la Kabylie devient une fournaise et un brasier.
Pour qu’il y ait un feu il faudrait réunir les trois éléments essentiels, le combustible (bois, foret, broussaille, herbe sèche…), le comburant (l’oxygène) et une source de chaleur ou une flamme nue, tout le monde pourra donc imaginer qu’il faudrait bien une main qui doit mettre du feu ! Or que cette hypothèse n’est pas souvent juste.

On assiste impuissant ces dernières années avec l’amélioration du niveau de vie par rapport à la consommation et le manque de civisme à voir des l’accumulation des déchets par tout ainsi la Kabylie est devenue une poubelle à ciel ouvert, 1468 villages, 67 communes, 21 Daïras (sous préfectures), engendrent un tiers du nombre totales des villages de dépotoirs sauvages et de décharges non contrôlées et non conformes alors que dans les dépotoirs il se trouve que la majorité des déchets sont organiques qui se décomposent naturellement en formant des poches de méthane (gaz très très très facilement inflammables). En journées caniculaires où l’indice d’inflammabilité est au rouge nous auront donc un minimum de 67 départs de feux instantanés à partir des décharges publiques, comme elles sont toutes en majorité situées à proximités des forets, les propagations deviennent inévitables.

Exp : le départ du feu qui avait fait 5 victimes carbonisées à TAGUEMOUNT AZOUZ en 1994 était à de décharge des OUADHIAS située à 15 km).
Des solutions ont étés préconisées pour éradiquer ce phénomène de décharges sauvages en particulier, un centre d’enfouissement technique ( CET) pour chaque Daïra (sous préfecture), mais les projets tardent à voir le jour du fait de l’opposition des populations aux choix des terrains.
Sur le reliefs de la Kabylie maritime Les pyromanes sont la population même de ces contrées , région à vocation pastorale, spécialement ( élevage de caprin), les bergers et certains énergumènes mal intentionnés mettent du feux par tout lorsque tout les indices d’inflammabilité sont élevés particulièrement les journées a haut risque ( températures élevées, sirocco) , afin que la broussaille repousse de plus belle au printemps pour que leurs caprin trouve matière fraîche dans les jeunes bourgeons à brouter . (Entre le 08 et le 11 septembre 2008 nous avons enregistré 47 départs de feux presque tous sont voltaires.

Actuellement à Azeffoun, chaque jour que dieu fait tout le mont du coté de AKAROU et des AGHRIBS fume comme un volcan, des feux volontaires sur le diss ( adhelas) qui se propage aussi facilement quand les conditions sont réunis). Même constat que j’avais lus sur un témoignage d’un officier de l’armée Française durant l’occupation installé au SAS de TIDMIMINE, un, village situé sur les hauteurs d’Azeffoun.

La situation sécuritaire en Kabylie laisse aussi a désirer ( Les 2 décennies noires ce qui n’est plus le cas) , l’installation des camps militaires et de postes avancés, des barrages de contrôles fixes ( qui font l’objet d’attaques terroristes) sur la proximité immédiates des forets et des oliveraies, incitent les responsables militaires et paramilitaires de ces camps à faire des incinérations sur les terrains mitoyens de leurs casernes ce qui engendre aussi des propagations en amont qui font de très grand dégâts. (Exp. (1) feu de l’été 2008 à Ait Yahia moussa (OUED K’SARI) qui s’est propagé sur les oliveraies du village IAALALENE, qui avait même engendré des trouble à l’ordre publiques, 2) les feux répétitifs de TAKHOUKHTH qui menacent à chaque fois les villages Est d’At Douala et des Ouadias).

Dans la stratégie militaire aussi, il y a feu à mettre pour déloger l’ennemi ce qui est à craindre est l’ignorance de la topographie de la Kabylie par des officiers non expérimentés qui doit être prise en considération lors de ces opérations indispensables dans le cadre sécuritaire. Sur chaque colline il y a un village, dans chaque village il y a des pauvres que ne vivent que de leurs oliveraies et les feux dans tout ça se propagent comme à la vitesse des éclaires sur les précipices et le ravin impossible d’accès pour les engins de lutte contre l’incendie.
Après les conséquences revenons à la prévention 
Moi simple citoyen d’un village reculé de la haute Kabylie et pompier de faction depuis des dizaines d’années avais trouvé par hasard alors que j’étais un membre actif dans une association culturelle et écologique de mon village un ADEB ( règlement) du 17éme siècle dont certains points se résument comme suit:

  • Un adulte  qui ne plante pas 10 arbres par année est passible d’une amande de (10 Réal).
  • Celui qui brûle une récolte d’autrui paie une amande de (100 Réal)
  • Celui qui met du feu intentionnellement est repudié du village, (c’était un crime).
  • Celui qui laisse son coprin, ovin ou bovin, brouter dans un champ de figuiers payera (5 Réal).

Ceci dit, nos aïeux faisaient de la prévention et redoutaient le feu en se comportant de la sorte :

  • Plantation et entretien de cactus ( AKARMOUS, plante grasse) comme clôture autours de leurs maisons et champs d’oliviers (écran par feu par excellence).
  • Jardinage autour des maisons (THVHIRINE, THAMAZIRTH) terrain vague sans arbres qu’on utilisait que pour la semence défriché généralement en été.
  • Fauchage de moindre parcelle de forage, et débroussaillement à la pioche de tous les terrains.
  • Élevage de caprin, ovin et bovin qui broutent les moindre herbes sèches des oliveraies, terrains de figuiers et même en foret.
  • Ramassage du bois sec inflammable et favorise la propagation des feux de forets
  • Règlement répressif contre la pyromanie
  • Système d’intervention rapide et très efficace dont l’alerte se donnait à partir des minarets en cas d’incendie.


Prévention et la prévision :

  • Aménagement des tranchés par feux a la périphérie des villages et dans les sections des forets
  • Aménagements des points d’eau dans les forets
  • Aménagement des pistes agricoles
  • Construction de poste de vigie et de surveillance forestière
  • Reboisement.
  • Installation des unités de la protection civile dans tous les chefs lieux de Daïra ( sous préfecture) .
  • Débroussaillement les longs des accotements de routes, chemin de fer, de lignes de haute tension.
  • Sensibilisation de la population a participé dans la lutte contre les feux.
  • Recherches des solutions pour l’éradication des décharges sauvages.
  • Incitation de la population à reprendre l’élevage d’animaux domestique dans le cadre des programmes (PPDRI, FNDRA).

En conclusion je ne pourrai que reprendre ce qu’un pompier avait dit dans une conférence avec les élus des communes lors de la préparation de la saison estivale ;

« Pourrions-nous faire de la prévention contre les feux de forets alors que certains citoyens cueillent des mures à partir de leurs fenêtres ».

Enfin le feu sera là tant qu’il est naturel, mais comme avait dit le philosophe.

« Quand on aperçoit un feu, à moins d’être lâche on prend une pelle ou une pioche »

Ali BENSAADA

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Catégories :Chroniques, Kabylie

1 réponse »

  1. Merci pour cet article qui parle d’une réalité absolue. ces feux sont une alerte réelle et urgente pour que le gouvernement s’intresse aux vrais problèmes en profondeurs

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