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POLÉMIQUE : Saïd Sadi fustige Noureddine Boukrouh. KDirect.info 

POLÉMIQUE  (KDirect) — L’épisode de la polémique suscitée par les déclarations de Noureddine Boukrouh sur Saïd Sadi ne s’arrête pas, sur sa page Facebook, Saïd Sadi répond une deuxième fois à ce dernier. Ci-après la réplique de Saïd Sadi. 



SACRILÈGE

Cette réponse devait paraître le lendemain de la réaction de M. Boukrouh faite à ma mise au point consécutive à son interview parue dans le journal en ligne TSA du 26 juillet 2017. La disparition de feu Réda Malek et le caractère un peu puéril qu’a pris cet incident en ont retardé la publication. 

Parti pour ne pas « répondre du tout », M. Boukrouh, visiblement déjà installé dans les starting-blocks de la polémique, suréagit et nous abreuve d’autres « révélations » où nous apprenons que je suis un affidé de Ben Bella, un avorteur du « bloc démocratique », un inspirateur des initiatives du FIS qui ont mené « aux premiers morts, à la proclamation de l’état d’urgence, à la destitution de M. Hamrouche, à l’arrestation de MM Abassi Madani et Belhadj, à l’arrêt du processus électoral, à la décennie noire ». Première bonne nouvelle pour ses lecteurs, l’enflure du mot et l’outrance verbale constituent toujours la sève du menu politique du chroniqueur compulsif. 

Les citoyens ont spontanément fait justice de ces flatulences politiciennes et je n’en rajouterai pas. 

Pour ce qui me concerne, je reviens sur une contre-vérité qui, désormais, ne peut plus être mise sur le compte d’une confusion, comme j’ai essayé de m’en persuader dans ma mise au point, mais qui procède bien de l’intention délibérée de frelater, par le mensonge, une des séquences les plus douloureuses de l’Algérie indépendante : nous sommes bien face à un acte sacrilège. 

Pour (se) convaincre, M. Boukrouh explique que « dans cette affaire ; ce n’est pas parole contre parole, celle de M. Sadi contre la mienne, car la rencontre en question n’a pas eu lieu de nuit, dans quelque forêt ou dans le désert, mais en plein jour, au siège du PRA où étaient présents plusieurs responsables en raison des événements… »

On retiendra le recours à la profusion de lieux improbables pour égarer le sujet. La question n’est pas de savoir si j’ai rencontré un jour M. Boukrouh mais bien de vérifier la réalité du sujet qu’il invoque : nous avoir appelés, séparément,  feu Mahdfoud Nahnah et moi-même pour nous demander, en aparté, de nous retirer du scrutin présidentiel. Et dans ce film de série B, on serait malheureusement resté dans l’impasse du « parole contre parole » si sa faconde ne l’avait pas trahi.

  

Il va donc falloir mettre en relief les saillies des informations avancées par le concerné lui-même qui permettront à chacun de se faire sa propre opinion sur ce qu’est la vérité formelle.

Dans son interview, M. Boukrouh, parlant d’élections, explique y avoir « cru un petit peu en 1995 jusqu’à ce que M. Zeroual…déclarât sa candidature contre toute attente » et il assure : « j’ai demandé à le voir pour lui dire face à face….ce que je pensais de sa décision » avant d’ajouter : « de retour à mon bureau, j’ai appelé les deux autres candidats en lice, feu Mahfoud Nahnah et Said Sadi…Ils sont venus séparément à mon bureau, je leur ai rapporté l’entretien que je venais d’avoir avec Zeroual et leur ai proposé de nous retirer ensemble de l’élection. Après de longues et vaines discussions, ils ont refusé ».

1) Sortir du bureau du chef de l’Etat et décider, sur le champ, de renoncer à une élection présidentielle en associant, séparément, deux concurrents est, pour le moins, précipité. A priori et en tout état de cause, lui, comme nous, aurions eu besoin d’en référer à celles et ceux qui ont oeuvré avec nous jour et nuit pour concourir dans cette compétition, chacun, d’ailleurs, étant animé par des raisons multiples et diverses, compte tenu du contexte tragique qui prévalait dans le pays et que chaque candidat appréciait selon ses convictions et objectifs. Mais quand bien même aurions-nous eu en partage avec lui la religion de la décision solitaire, rien n’obligeait M. Boukrouh, définitivement désenchanté par ce qu’il venait d’entendre, de continuer l’aventure.
2) On ne saisit pas très bien pourquoi nous aurions été appelés séparément pour prendre une décision qui, par définition, nous concernait collectivement, d’autant que nous nous connaissions les uns les autres.
3) Il suffit de réentendre les propos de M. Boukrouh tenus pendant la campagne pour voir un homme pourfendant ses adversaires avec une assurance voire une virulence qui n’avait rien à voir avec l’esprit d’un candidat dépité, avançant l’épée dans les reins. On avait alors appris que Zeroual appartenait à une catégorie de djouhala, que Nahnah était un ignorant religieux et moi un Ataturk étranger à sa nation et abusant d’un parcours auquel le sien n’avait rien à envier puisqu’il avait, jurait-il, « accompli son service national » ! Aucun d’entre nous n’a répondu à ces attaques ad hominem où la promotion de soi se nourrit de l’invective des autres. 
4) Quand on est désabusé par un jeu politique dont on proclame qu’il n’y a rien à attendre, on ne se précipite pas au gouvernement à la première sollicitation en y restant des années jusqu’à ce que l’on en soit éloigné. Naturellement, le problème ici n’est pas d’appréhender la pertinence politique du choix mais de relever les incohérences du propos. Et pour prévenir une polémique annexe qui parasiterait cette démonstration factuelle, je rappelle brièvement que quand le RCD avait décidé d’entrer au gouvernement, il y avait eu un large débat dans le parti clôturé par un séminaire de la direction. La décision, les Algériens s’en souviennent, avait été publiquement conditionnée par l’installation officielle des commissions de réformes de l’éducation, de la justice et de l’Etat. Malgré ces acquis, j’avais catégoriquement refusé d’intégrer l’exécutif en dépit des lourdes insistances du Chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, et de plusieurs autres dirigeants qui souhaitaient m’y voir figurer personnellement. Ces responsables sont toujours vivants, ils peuvent témoigner de ces faits. Notre position était clairement formulée. L’adhésion définitive ne pouvait être envisagée qu’après une période d’essai qui aurait à attester de l’engagement définitif du pays dans la voie de la réforme démocratique. Je n’insiste pas plus sur ce sujet ; toutes ces informations dument confirmées sont consignées dans l’un des tomes de mes mémoires.  
5) Si cette réunion avait effectivement eu lieu autour du sujet allégué, la simple logique aurait voulu qu’en vingt deux ans, des cadres et militants du Hamas ou du RCD en aient parlé un jour. A moins que pour un motif qu’il serait intéressant de nous communiquer, Nahnah et moi même avions, d’un commun accord, décidé de mettre sous embargo une telle rencontre. 
Il est désolant d’avoir à consacrer du temps et de l’énergie pour remettre à l’heure les pendules politiques algériennes sur autant de fadaises. Ces pendules ont été détraquées par des percussions autrement plus dramatiques et dont les répliques n’ont, hélas,  pas fini d’éprouver le peuple algérien. 

Décidément, quand ce n’est pas le MALG qui fait irruption en tant que structure matricielle du système pour falsifier l’Histoire, c’est une des métastases du régime qui perturbe le débat dans des périodes bien particulières de l’agenda national. L’une des premières conséquences de ce mauvais feuilleton est de faire diversion sur l’essentiel au moment où le pays, exsangue, peut basculer dans le vide. 

Mais si cette passe d’armes contribue à dissuader des bonimenteurs de polluer la scène politique par des affabulations égocentriques, alors l’exercice n’aura pas été tout à fait vain. 


Said Sadi

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1 réponse »

  1. Tous pareils à la différence près que chacun joue sa propre partition. Boukrouh et Saadi ont été des pions à la solde du régime militaro-mafieux qui les a utililisés à sa guise avant de les remiser au placard. Ces deux là, à l’instar de tous ceux comme eux qui ont servi de béquilles au pouvoir Algérien au détriment du peuple, devraient se confondre en excuse devant ce même peuple avant de se faire oublier et s’éclipser pour toujours. Ce n’est d’ailleurs pas étonnant que l’un d’eux avait traité le peuple de « Ghach » et l’autre s’était carémment trompé de société. Comment diable peut-on être candidats aux élections présidentielles tout en méprisant le peuple qu’on est sensé représenter en cas de victoire. A N. BOUKROUH et S.SAADI, de grâce ayez la décence de vous taire sur les questions politiques, vous avez joué, vous avez échoué et vous avez fait votre temps. Exprimez-vous, écrivez ce que vous voulez mais pas sur la politique. On vous a assez vu et assez entendu. Hachmou chouiya.

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