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Chronique : Lettre ouverte à Idir par Allas Di Tlelli. KDirect.info

CHRONIQUE (KDirect) — Dans les trois dernières interviews qu’il a accordées, tour à tour, à « El Watan » du 02 mai 2017, à « Le Soir d’Algérie » du 24 oct.2017 et, une fois de plus, à « El Watan » du 25 oct.2017, Hamid Cheriet, vraisemblablement en butte à une forme d’amertume.

 

 

Jusque-là, je n’hésitais pas à éructer ce qui bouillonne en moi, d’ailleurs, je ne peux rien écrire qui ne puisse émaner de mes entrailles, que je ne puisse ressentir, qui ne m’interpelle pas, d’où la spontanéité qui imprime invariablement tout ce que j’exprime.

Il faut dire que cela explique, à bien des égards, le ton, les coquilles et les ardeurs qui s’y incrustent et qui n’ont pas toujours été sans conséquences, loin s’en faut. Or, écrire pour écrire, dire pour paraître ou agir pour adhérer à un mouvement de foule inopiné… n’a jamais été mon moteur et ne le sera jamais. Pourtant, le contraire est plus à même d’ouvrir des portes jusque-là scellées, c’est même par là qu’une certaine opulence s’acquiert et qu’une certaine gloire, venue d’en haut, s’octroie… A chacun sa voie, la mienne s’inscrit résolument dans le sens opposé, celui d’une certaine idée de l’honnêteté intellectuelle, de la parole publique, tournant totalement le dos à la démagogie, aux faux-semblants et au mépris de ceux à qui on s’adresse et qui ont, au moins, autant d’intelligence et de dignité ; ce que d’aucuns oublient le plus souvent.

Pour autant, cette fois-ci, écartelé entre, d’un côté, le besoin de réagir, celui d’apporter des éclaircissements et d’asséner des vérités et, de l’autre côté, le respect, l’admiration et la reconnaissance que j’ai toujours eu pour Idir qui, de toute évidence, préfère avoir tort avec tout le monde qu’avoir raison tout seul, je me surprends à marquer le pas, à hésiter, à jauger…ce qui ne me ressemble pas.

En effet, dans les trois dernières interviews qu’il a accordées, tour à tour, à « El Watan » du 02 mai 2017, à « Le Soir d’Algérie » du 24 oct.2017 et, une fois de plus, à « El Watan » du 25 oct.2017, Hamid Cheriet, vraisemblablement en butte à une forme d’amertume, semble vouloir prendre le dessus sur Idir et c’est toute la pondération habituelle qu’on lui connaissait et qui a fait de lui, pour reprendre une formule consacrée, « un homme consensuel » et dialectique, qui s’en retrouve ébréchée et qui prend l’eau de partout. Il est indéniable que ces trois entretiens, par bien des aspects, rompent brutalement avec le propos subtile, précis et un tantinet « force tranquille » qui a été, jusque-là, la marque de fabrique de l’artiste et, tout en ignorant les causes qui sous-tendent cette nouvelle trajectoire qui ne manquera pas de nous apporter, dans les mois qui viennent, de nouveaux éléments de lecture, il est fort à parier que c’est son image qui, à terme, risque d’être égratignée dans l’esprit de millions de Kabyles qui restent, encore aujourd’hui et quoi qu’on dise, l’essentiel de son public et celui qui l’a catapulté, dès son premier mouvement d’arpège, dans le ciel étoilé de la musique du monde.

Cette perspective, à tout point de vue, n’est nullement souhaitable car, au-delà du mérite et de la reconnaissance qu’on lui doit et ce, en dépit du fait que depuis le troisième et dernier chef-d’oeuvre que fut « Les chasseurs de lumières » qui remonte à 1993, la création poétique aura été le parent pauvre de ces vingt-cinq dernières années de sa carrière, il est néanmoins incompréhensible qu’on puisse ainsi défaire une image de choix qui s’est faite, un demi siècle durant, dans le cœur d’un peuple, avec une mer au milieu. C’est la raison pour laquelle, après lecture et analyse des trois interviews mentionnées ci-haut, j’ai rédigé une « Lettre ouverte » à l’intention d’Idir et c’est également la raison pour laquelle j’hésite à la rendre publique, car, une fois de plus, ma reconnaissance et mon estime pour cet artiste immense n’étant pas de vains mots, c’est tout logiquement que je crains que cela puisse être perçu comme une volonté de jeter en pâture « l’artiste » alors que je ne veux réagir qu’aux propos publics de « l’homme » qui, pour le moins et après les regrettables sorties de 2006 et du 22 mai dernier, rendent perplexe à plus d’un titre… 

 

Wait and see…

 

Allas DI TLELLI 

SOURCE : Facebook 

25/10/2017

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Catégories :Actualité, Chroniques, Kabylie

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