Chroniques

Y aurait-il un Mariano Rajoy qui sommeille en Emmanuel Macron ? Par François ALFONSI 

Y aurait-il un Mariano Rajoy qui sommeille en lui ? Ses prises de position sur la Catalogne font écho aux marques de défiance ressenties en Corse. Emmanuel Macron, aux accents volontiers républicains, va vouloir peser contre la progression du mouvement national an Corse. Dès décembre prochain, et, à coup sûr, durant la prochaine mandature.

 

En quelques semaines, plusieurs signaux ont donné l’alerte. Il y a eu entre autres la décision « bizarre » du Préfet de retirer à la future Collectivité de Corse la compétence HLM en Corse du Sud au profit de la CAPA présidée par Laurent Marcangeli. Puis, l’annonce inattendue de Michel Barat comme tête de liste des « macronistes » aux prochaines territoriales est « tombée » directement depuis l’Elysée. Elle a fait long feu, mais il reste le message principal : c’est directement depuis la Présidence de la République que l’on se soucie d’opposer à la majorité nationaliste de la Collectivité Territoriale de Corse une opposition nouvelle.

Le spectre politique local embrassé par la logique macroniste va de Jean Charles Orsucci, finalement investi, à Laurent Marcangeli, proche du premier ministre Edouard Philippe, en passant par François Orlandi, héritier putatif de la Giacobbie moribonde, troisième sur la liste Orsucci.

La liste de Valérie Bozzi, avait été lancée au départ avec le soutien affiché du Maire d’Aiacciu, Mais Laurent Marcangeli vient de changer d’avis et il presse désormais ses amis de soutenir la liste de Jean Martin Mondoloni, alors que dans le même temps la rumeur enfle d’une fusion de cette liste avec celle Jean Charles Orsucci entre les deux tours. La stratégie du « Front Républicain » refait ainsi surface, tandis que la composante « pure et dure » du courant CFR, victime de ses divisions entre Tatti, Zuccarelli et consorts, risque fort de rester en panne de liste officielle, et donc aura toute liberté d’appeler ses électeurs à un « vote anti-séparatiste » au second tour pour tenter de renverser la majorité qui nous est promise par les sondages.

Il n’est pas certain que ce « mic-mac » politicien arrive à ses fins, mais il doit nous alerter sur la nécessité de resserrer les rangs et de regrouper tout le potentiel de Femu a Corsica au sein de la coalition avec Corsica Lìbera lors de la constitution de la liste Pè a Corsica. Et aussi de s’assurer des conditions politiques du second tour vis-à-vis du Rinovu Naziunale.

Mais, au-delà de la tambouille électorale insulaire où il n’était pas attendu que la Présidence de la République veuille s’impliquer à ce point en sous-main, Emmanuel Macron a donné le ton de son inclinaison politique personnelle en intervenant sur plusieurs dossiers ces derniers jours. Et cela ne penche pas de notre côté !

Il y a la Catalogne par exemple. Que la France soutienne le gouvernement espagnol n’est pas une surprise, surtout dans le contexte des autres réactions officielles de l’ensemble des grands pays européens et des autorités bruxelloises. Mais écoutons bien la différence : quand tous les autres apportent leur soutien en ne manquant jamais de recommander de la retenue à Mariano Rajoy après les violences policières du 1er octobre à Barcelone, la réaction française est celle d’un soutien sans réserve. Visiblement Macron va plus loin que Merkel, Juncker et les autres dans le soutien à Rajoy.

Autres lieux, autre message : en Guyane, secouée par la plus grave crise sociale qu’elle ait jamais connue, Emmanuel Macron s’est rendu en écartant délibérément de ses contacts les représentants du mouvement social du printemps.  « Je ne discute pas avec les cagoulés » a-t-il déclaré, après avoir limogé le précédent préfet qui lui avait privilégié le dialogue. Et ses propositions d’évolutions institutionnelles pour l’Outre-Mer lors du discours de Cayenne ont été les plus minimalistes possible : « pouvoir d’expérimentation », « pouvoir d’adaptation », qui existent déjà, et surtout pas « pouvoir réglementaire », ou « pouvoir législatif », qui conduiraient à une autonomie. Or, on peut raisonnablement penser que ses propositions pour la Corse seront en-deçà de celles avancées pour l’Outre-Mer !

La seule chose qui peut changer cette approche est l’état du rapport de forces démocratique en Corse. Aux législatives, un premier message puissant a été lancé. Lors des élections de la Collectivité Unique de Corse, les 3 et 10 décembre prochain, il faudra qu’il en soit de même.

 

François ALFONSI


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Catégories :Chroniques, International

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