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Chronique : l’oeuvre de Feraoun, chronologie et petites péripéties par Allas Di Tlelli

En hommage à l’illustre écrivain Kabyle Mouloud Feraoun et ses cinq compagnons Ali Hammoutène, Max Marchand, Salah Ould-Aoudia, Marcel Basset et Robert Eymard, assassinés le 15 mars 1962 par l’OAS.

« La cité des roses », l’œuvre inédite de Mouloud Feraoun, parue à titre posthume en 2007, constitue, à ne pas en douter, l’événement littéraire et culturel de ce début du siècle.

Au-delà de la stature de l’auteur du chef-d’œuvre que représente dans l’univers littéraire « Le fils du pauvre », public et hommes de lettres ignoraient jusque-là l’existence de cette œuvre écrite pourtant entre 1957 et fin 1958 ; à laquelle est venue s’ajouter l’épilogue en 1960, et qui a été exhumée de l’oubli, un demi siècle plus tard.

La genèse de « La cité des roses » commence donc en novembre 1957, c’est-à-dire, au milieu de la guerre d’Algérie ; moment tragique où les questionnements sur le devenir des deux pays et des rapports ultérieurs entre les deux rives de la méditerranées, se posaient avec acuité en marge d’une actualité bouleversante et de ses soubresauts qui émanaient d’une guerre qui aura gardé, à ce jour, bien des secrets, dont celui qu’elle nous a livré, en ce début de l’année 2007, « La cité des roses » en l’occurrence.

D’aucuns auront soulevé la question de savoir pourquoi le roman n’eut pas été publié lorsqu’il fut achevé fin 1958, soit trois années avant que la main assassine de l’OAS ne vint ravir l’auteur et ses amis à la cause humaniste qui en était, dans leur conception, le soubassement de leur vie.

Le titre originel de l’œuvre, choisi par l’auteur, était « L’anniversaire » qu’il remit à son éditeur du Seuil qui demanda d’en apporter des transformations pour motif que dans sa forme initiale, le livre ne cadrait pas avec les attentes du lectorat français. Une embrouille s’ensuit entre l’éditeur (Seuil) qui, par la voix d’Emmanuel Roblès et Flamand, avait exigé d’en faire tout simplement un roman d’amour, et le romancier qui, dans sa réponse, « considérais cette version comme définitive » et qu’il aurait envie de commencer autre chose.

L’œuvre fut alors rangée par son créateur pour sombrer dans un sommeil qui durera 49 ans.

Elle a donc paru sous le titre de son premier chapitre « La cité des roses » en abandonnant son titre originel « L’anniversaire » qui fut attribué par Roblès pour une autre œuvre dont l’écriture avait été entreprise par Feraoun début 1962 et dont les fait se situaient à la même époque. Se sont les premiers chapitres de ce nouveau roman inachevé, en plus des études, des souvenirs, des publications ainsi que la suite du « Le fils du pauvre » retirée par l’éditeur qui en acquit les droits à sa parution en 1954, que Le Seuil ont fait paraître sous le titre « L’anniversaire » après la mort de M. Feraoun.

Pour rappel, « Le fils du pauvre » écrit pourtant en 1944, rejeté alors par les éditeurs, n’a pu être publié une première fois qu’en 1950 à compte d’auteur. Les 1000 exemplaires tirés avec les 150.000 francs économisés par Mouloud Feraoun ont été écoulés en moins d’une semaine. Cette œuvre fondatrice sera par la suite traduite dans 14 langues et un million d’exemplaires seront vendus…

« Le journal » connaîtra les mêmes péripéties puisque son éditeur refusa de publier l’intégralité en 1961. C’est en 1962 qu’il sera finalement publié, à titre posthume, « charcuté » de quelques chapitres.

En 1952, Feraoun écrit « La terre et le sang » (publié en 1953), suivi de « Jours de Kabylie » en 1954 et « Les chemins qui montent » (1957), puis « Les poèmes de Si Mohand » en 1959. « Le journal » (1962), « Lettres à ses amis » (1969) et « L’anniversaire » (1972) seront tous édités après sa disparition.

L’œuvre passionnante « La cité des roses » parachève définitivement l’œuvre de Feraoun puisque ses enfants, ont affirmé : « il ne reste plus d’œuvres inédites » de leur illustre père.

Allas DI TLELLI

(*) Texte publié en 2007 sous le titre « La cité des roses : son histoire. »

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Catégories :Actualité, Chroniques

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